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Solidaire, Oui, mais avec qui? Les logiciels libres dans l'économie sociale.

pinguinframasoft.pngL'économie sociale, au Québec, ce n'est pas une mince affaire. Voici quelques chiffres glanés sur le site du Chantier de l'économie sociale, question de vous mettre en appétit :

pinguinframasoft.pngL'économie sociale, au Québec, ce n'est pas une mince affaire. Voici quelques chiffres glanés sur le site du Chantier de l'économie sociale, question de vous mettre en appétit :

  • Plus de 7 000 entreprises collectives (coopérative et OSBL)

  • Plus de 125 000 emplois

  • Plus de 17 milliards de dollars de chiffre d'affaires

  • Plus de 6 % du PIB.

Maintenant, posons-nous la question: quel système d'exploitation, quelle suite bureautique ces entreprises utilisent-elles ? Dans 98 % des cas, la réponse est simple : Windows et Office de Microsoft. Pour des entreprises dont la finalité1 est «... de servir ses membres ou la collectivité plutôt que de simplement engendrer des profits et viser le rendement financier » et qui «... fonde ses activités sur les principes de la participation, de la prise en charge et de la responsabilité individuelle et collective » vous constaterez avec moi, qu'il y aurait là comme une attitude pour le moins paradoxale face au logiciel libre. En effet, comment concilier d'un côté cet appel à la constitution d'un bien commun et de l'autre cet engouement pour le logiciel propriétaire ?

 

Même s'il est encore timide, le rapprochement entre l'économie sociale et le mouvement des logiciels libres commence à se faire. Bastien Sybille, coordonnateur de l’Association Internationale du Logiciel Libre (Ai2L) pour l'économie sociale a publié récemment un texte percutant à ce sujet, disponible sur le site des Rencontres sociales : Economie Sociale – Logiciels Libres, le temps de l’alliance.

 

L'AI2L est un bel exemple de ce rapprochement. Regroupant trois partenaires français - le Groupe Chèque Déjeuner, le Crédit-Coopératif et la MACIF - et trois partenaires québécois - la Caisse d'économie solidaire Desjardins, Filaction et Fondaction, elle a donné naissance à la Chaire de Logiciel Libre , basée à l'Université du Québec à Montréal dont la mission est justement de développer des logiciels libres pour les entreprises œuvrant en finance sociale et solidaire. Autres exemples de rapprochement: l'appui financier fournit l'an dernier à Facil, un organisme prônant l'appropriation collective de l'informatique libre par la Caisse d'économie solidaire Desjardins de même que l'implication d'un Robert Dion, adjoint à la coordination au Conseil pour le développement local et communautaire (cdlchm.qc.ca), très actif dans la promotion du logiciel libre ou encore le travail remarquable de Koumbit auprès des travailleurs des TI engagés socialement et des groupes sociaux. Tout cela est bien...mais encore bien peu.

 

La deuxième question importante à se poser est la suivante : comment se fait-il que le logiciel libre ne soit pas plus présent et utilisé dans l'économie sociale ? L'économie sociale ne vit pas en parallèle, ni en vase clos ni en dessous de la table. Elle est bien intégrée à notre économie et en ce sens reflète également les tendances fortes de celle-ci par rapport à l'informatique, sans trop remettre en question les valeurs qui sous-tendent l'hégémonie du logiciel propriétaire. La méconnaissance des nombreux avantages des logiciels libres est généralisée au sein de l'économie sociale. Après des années de travail auprès des ONG, OBNL et des coopératives, j'en suis venu à la conclusion que la tâche prioritaire est d'informer et de former les personnes dirigeantes et le personnel des entreprises d'économie sociale à l'importance et aux avantages d'utiliser les logiciels libres. Comme l'écrit Bastien Sybille : « De la même façon que les entreprises d’économie sociale se sont dotées d’instruments financiers et juridiques spécifiques, il est urgent qu’elles se dotent d’instruments informatiques qui respectent leurs principes.»

 

Et pour passer de la parole aux actes, nous (Gestion-Ressources) avons conçu un séminaire d'introduction au logiciel libre d'une durée de deux heures intitulé « Logiciels libres et entreprise numérique: un choix stratégique ». Avis aux personnes intéressés.

Serge Martel

 

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Le libre, la suite logique de nos pratiques de solidarité

Je crois que si nous voulons promouvoir et encourager l'utilisation du logiciel libre dans le réseau communautaire et d'économie sociale, il faut passer par les principaux regroupements, les sensibiliser au logiciel libre et développer une stratégie pour rejoindre leurs membres. - Chantier d'économie sociale - Coalition montréalaise des tables de quartier - Table national des CDC - Communautique - La Puce communautaire - Collectif des entreprises d'insertion du Québec - Arrondissement.com - Regroupement Loisir Québec - et j'en passe N.B On fait mention de Robert Dion dans l'article. Petite correction : Robert Dion est adjoint à la coordination au Conseil pour le développement local et communautaire

Et que dire des syndicats?

Un très bon article, Serge, et qui fait le tour de cette incohérence. Ceux qui devraient être des utilisateurs réguliers du libre à cause des principes qui les gouvernent, ne savent même pas que cela existe. Que dire de nos syndicats qui sont dans la même situation. À quand un article semblable sur les syndicats? Merci pour la mise au point.

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